La question n’est pas « quelle formule », c’est « jusqu’à quand »
L’assurance au tiers est obligatoire : tout véhicule terrestre à moteur doit être assuré au minimum en responsabilité civile, même immobilisé, dès lors qu’il est susceptible de circuler — c’est l’article L. 211-1 du code des assurances. La vraie question n’est donc jamais de savoir s’il faut assurer, mais jusqu’où monter, et surtout pendant combien de temps.
Parce que la réponse change avec le temps. Une moto qui justifiait pleinement le tous risques à l’achat ne le justifie plus forcément cinq ans plus tard, et presque personne ne refait le calcul — on reconduit. C’est ce calcul que cet outil rend possible en deux minutes, à partir de vos propres devis.
Le mécanisme, en une phrase
Deux courbes se croisent. La première, ce que le tous risques vous coûte en plus, monte chaque année : c’est le surcoût, cumulé. La seconde, ce qu’il pourrait au maximum vous verser, descend : c’est la valeur de votre moto au jour du sinistre, moins la franchise. Tant que la seconde est au-dessus de la première, la formule peut encore vous rapporter plus qu’elle ne coûte. Passé le croisement, non — même dans le pire scénario qu’elle couvre.
La décote, que tout le monde oublie
C’est le point qui fausse la plupart des comparaisons. L’indemnisation d’un dommage total se calcule sur la valeur au jour du sinistre, pas sur le prix d’achat ni sur ce que vous avez financé. Une moto qui vaut 6 000 € aujourd’hui n’en vaudra plus 6 000 dans quatre ans, et le plafond réel de votre garantie a fondu d’autant — sans que la prime, elle, ait baissé dans les mêmes proportions.
L’outil applique la décote à la valeur restante chaque année, comme le marché de l’occasion : une décroissance qui ralentit. Un calcul linéaire sur la valeur d’origine amènerait la moto à zéro en quelques années et fabriquerait un croisement beaucoup trop précoce — donc un conseil faux. Le taux vous est laissé, parce qu’il dépend entièrement du modèle : une machine recherchée décote peu, un scooter urbain beaucoup.
La franchise, qui n’est pas une formalité
La franchise dommages se déduit de l’indemnité : c’est la part que le tous risques ne vous rendra pas, quoi qu’il arrive. Sur une machine qui a vieilli, elle finit par représenter une fraction considérable de la valeur — et il arrive qu’elle la dépasse. Dans ce cas, la garantie ne peut plus rien verser sur ce scénario, et l’outil le dit franchement plutôt que d’afficher un point de bascule.
⚠️ Ce que ce calcul ne couvre pas, et qui compte davantage
Il faut être clair, parce que c’est le seul vrai danger de cette page : ce calcul porte sur un seul scénario, la destruction de votre moto dans un accident dont vous êtes responsable. Or ce n’est pas le sinistre le plus fréquent à moto. Le vol l’est — les deux-roues sont particulièrement ciblés — et le vol relève d’une garantie distincte, qui existe dès les formules intermédiaires dites « tiers étendu ».
Autrement dit : quitter le tous risques n’oblige pas à perdre le vol. Descendre au tiers simple, si. Et c’est exactement l’erreur qu’un calcul bien fait mais mal lu peut provoquer. Trois autres garanties méritent le même examen avant tout changement :
- l’équipement du pilote — casque, blouson, gants, bottes ; le budget est élevé et il part avec la chute ;
- la protection du pilote — la responsabilité civile indemnise les autres, jamais vos propres blessures quand vous êtes responsable. C’est la garantie dont l’absence coûte le plus cher, et elle n’a aucun rapport avec la valeur de la machine ;
- l’assistance — son périmètre varie beaucoup, notamment la distance à partir de laquelle elle se déclenche : certaines formules ne dépannent pas devant chez vous.
Le facteur que le calcul ne peut pas connaître
Une assurance n’est pas un placement : c’est un transfert de risque. La vraie question, derrière l’arithmétique, est de savoir si vous pourriez racheter une moto comptant demain matin. Si oui, un croisement de courbes tôt plaide raisonnablement pour descendre en gamme. Si non, payer un peu plus que l’espérance mathématique est parfaitement rationnel — c’est même précisément à ça que sert une assurance.
C’est pourquoi cet outil ne vous recommande aucune formule. Il décrit une arithmétique ; la décision dépend d’éléments qu’une page publique ne peut pas connaître, et un conseil de souscription donné sans rien savoir de votre situation n’aurait aucune valeur.
Quand refaire le calcul
À chaque échéance annuelle, et dans trois situations qui déplacent le croisement : après un changement de moto, après une évolution de votre bonus-malus (une prime qui baisse recule la bascule), et si vous changez de lieu de stationnement — ce qui pèse surtout sur le risque de vol, donc sur une garantie que ce calcul ne traite pas.
Questions fréquentes
- Le tous risques couvre-t-il le vol de ma moto ?
- Pas automatiquement, et c'est la confusion la plus répandue. Le vol est une garantie distincte des dommages tous accidents : elle existe dès les formules intermédiaires, dites « tiers étendu ». On peut donc parfaitement quitter le tous risques en gardant le vol — et c'est souvent le bon arbitrage sur une moto qui a vieilli. Attention en revanche à ses conditions : antivol homologué, parfois gravage, mode de stationnement imposé.
- Pourquoi la valeur de ma moto compte-t-elle autant ?
- Parce que l'indemnisation d'un dommage total se calcule sur la valeur au jour du sinistre, pas sur le prix d'achat. Le maximum que le tous risques peut vous verser fond donc chaque année, pendant que le surcoût, lui, se cumule. Les deux courbes finissent par se croiser, et c'est ce croisement que l'outil calcule.
- L'assurance au tiers est-elle vraiment obligatoire ?
- Oui. Tout véhicule terrestre à moteur — moto, scooter, cyclomoteur, quad — doit être assuré au minimum en responsabilité civile, même s'il ne roule pas, dès lors qu'il est susceptible de circuler. C'est l'article L. 211-1 du code des assurances. La question n'est donc jamais « faut-il assurer », mais « jusqu'où ».
- Que couvre exactement la responsabilité civile ?
- Les dommages que vous causez aux autres, corporels et matériels. Elle ne couvre ni votre propre moto, ni vos propres blessures quand vous êtes responsable. C'est la limite la plus lourde du tiers simple, et elle n'a rien à voir avec la valeur de la machine : un motard sans protection du pilote reste exposé quelle que soit la cylindrée.
- Mon équipement est-il couvert ?
- Seulement si une garantie « équipement du pilote » figure au contrat. Casque, blouson, gants, bottes représentent un budget élevé et partent avec la chute. C'est une ligne à vérifier séparément : beaucoup de formules au tiers ne la comportent pas.
- Mes données sont-elles envoyées quelque part ?
- Non. Tout est calculé dans votre navigateur : aucune donnée saisie ne quitte votre appareil, rien n'est stocké et rien n'est transmis. Vous pouvez le vérifier en ouvrant l'onglet réseau de votre navigateur pendant que vous utilisez l'outil.
