Campagne nationale moto de la Sécurité routière — « À moto, ne soyez pas victime de votre passion » : les chiffres officiels qui interpellent chaque motard
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En bref
Lancée le 4 juin 2026, la campagne nationale « À moto, ne soyez pas victime de votre passion » s'appuie sur des chiffres ONISR édifiants : 691 motards tués en 2025, 46 % des décès sans tiers impliqué, 72 % de conducteurs expérimentés parmi les victimes. Ces données montrent qu'une assurance au
Le 4 juin 2026, la Délégation à la sécurité routière a lancé la campagne nationale « À moto, ne soyez pas victime de votre passion ». Derrière ce titre, des données ONISR sans détour : deux motards meurent chaque jour sur les routes françaises. Alors que les deux-roues motorisés représentent moins de 2 % du trafic, ils concentrent 21 % des décès et 31 % des blessés graves de la route. Ces chiffres ne visent pas à décourager de rouler — ils invitent à rouler mieux, et à s'assurer plus intelligemment.
Ce décryptage part des faits officiels pour mettre en lumière ce qu'ils signifient concrètement pour votre contrat d'assurance moto. Sans alarmisme, mais sans esquiver non plus.
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Ce que disent vraiment les chiffres officiels 2025
Le bilan définitif de l'ONISR, publié le 29 mai 2026, recense 691 usagers de deux-roues motorisés tués en France en 2025 — soit 29 de moins qu'en 2024. C'est une évolution que l'on peut saluer, mais qui doit être replacée dans son contexte : la mortalité routière globale, elle, augmente de +2,4 % sur la même période. Les deux-roues sont donc la seule catégorie dont la mortalité ne progresse pas, ce qui est une réalité encourageante — sans pour autant masquer une surexposition structurelle.
Le profil des victimes contredit les idées reçues
On imaginerait volontiers que les accidents mortels à moto frappent surtout les jeunes permis, les inexpérimentés, les petites cylindrées. Les données ONISR disent autre chose :
- 72 % des motards tués sont des conducteurs expérimentés, sur moto lourde.
- La majorité des accidents mortels survient lors d'un trajet de loisir, pas sur le trajet domicile-travail.
- 46 % des décès n'impliquent aucun tiers : le motard est seul en cause dans la configuration accidentelle.
- Le facteur vitesse est présent dans 54 % des accidents mortels où le conducteur de moto lourde est présumé responsable.
- 41 % des décès surviennent en virage.
Ce portrait statistique est précieux, non pour culpabiliser, mais pour comprendre où se concentre réellement le risque — et quelles garanties d'assurance deviennent dès lors non négociables.
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Ce que ces statistiques changent à la lecture de votre contrat
Quand aucun tiers n'est impliqué, la RC ne suffit pas
La responsabilité civile — la garantie obligatoire pour tout véhicule terrestre à moteur — couvre les dommages causés aux autres. Elle est essentielle et incontournable. Mais dans 46 % des accidents mortels, il n'y a pas d'autre victime à indemniser : le motard est seul. Dans ce scénario, une assurance au tiers classique ne prend en charge ni les dégâts sur la moto, ni les dommages corporels subis par le conducteur.
C'est exactement le rôle de la garantie du conducteur (aussi appelée protection du pilote) : indemniser vos propres préjudices corporels, y compris lorsque vous êtes responsable ou que vous chutez seul. Pour bien comprendre pourquoi cette garantie est souvent sous-estimée, l'article dédié à la garantie du conducteur à moto détaille son fonctionnement et ses conditions d'activation.
La puissance de la moto pèse sur le tarif — et le risque
Le fait que les accidents mortels concernent majoritairement des motos lourdes n'est pas anodin du point de vue assurantiel. Les gros cubes présentent une sinistralité spécifique qui explique structurellement des primes plus élevées — un mécanisme que nous avons décrypté dans l'article sur l'assurance gros cube. Si vous êtes sur une machine puissante, il est d'autant plus utile de vérifier que vos garanties couvrent bien votre propre personne, et pas seulement les tiers.
Les exclusions liées au comportement : un point de vigilance
La vitesse en cause dans 54 % des accidents mortels responsables, et les virages comme terrain principal des décès : ces éléments rappellent qu'en cas de sinistre, l'assureur examine les circonstances. Certaines exclusions contractuelles peuvent jouer — notamment en cas de comportement manifestement imprudent ou d'infraction avérée au Code de la route. Sans que cela soit une règle automatique, il est utile de lire les conditions générales de son contrat pour savoir ce qui est couvert — et ce qui ne l'est pas.
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Ce que la campagne ne dit pas, mais que votre assurance devrait couvrir
La campagne de la Sécurité routière cible le comportement sur la route. L'assurance, elle, intervient après. Entre les deux, il y a votre équipement : casque homologué, gants certifiés (obligatoires depuis le 20 novembre 2016), blouson, bottes. En cas d'accident, cet équipement peut être endommagé ou détruit — et sa valeur de remplacement se chiffre souvent en plusieurs centaines, voire milliers d'euros.
La garantie équipement du pilote couvre cette réalité, dans les limites et conditions prévues au contrat. Pour savoir ce que l'assurance couvre concrètement sur ce poste, l'article sur l'équipement du motard et l'assurance fait le point complet.
Sorties de loisir : vérifiez votre usage déclaré
Les accidents surviennent majoritairement lors de trajets de loisir. Or, certains contrats distinguent usage trajet et usage loisir / balade, et le périmètre garanti peut varier. Si vous avez souscrit une assurance principalement calibrée pour un usage domicile-travail, et que vous partez en virée le week-end, vérifiez que votre déclaration d'usage est cohérente avec votre pratique réelle — c'est une condition de validité de votre couverture.
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Conducteur expérimenté : pas une raison de baisser la garde sur les garanties
L'enseignement le plus contre-intuitif de cette campagne est peut-être le plus utile : l'expérience au guidon ne protège pas mécaniquement du pire. 72 % des motards tués sont des conducteurs aguerris. Ce constat ne remet pas en cause leur niveau technique — il pointe la confiance en soi, la prise de risque en contexte de loisir, et la fréquence d'exposition sur des machines performantes.
Du côté assurantiel, cela signifie qu'un bon bonus et des années de permis ne dispensent pas de vérifier régulièrement l'adéquation de ses garanties à son usage réel et à la valeur de sa moto. Si votre moto a pris de la valeur, si vous avez changé de cylindrée, si vos sorties sont devenues plus régulières ou plus longues — c'est le bon moment pour revoir votre contrat.
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Profitez de cette actualité pour revoir vos couvertures
La campagne « À moto, ne soyez pas victime de votre passion » est un rappel utile à tous les motards. Elle l'est aussi pour votre assurance : les chiffres officiels confirment que le risque deux-roues est structurellement plus élevé, qu'il touche des profils variés, et que certaines situations — chute seule, accident en virage, vitesse — appellent des garanties précises que la RC de base ne couvre pas.
Pour savoir si votre couverture actuelle est adaptée à votre profil, à votre moto et à votre usage, la meilleure démarche est de comparer. Un courtier spécialisé peut vous aider à identifier les garanties pertinentes sans vous imposer un conseil unique.
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Sources
- ONISR — Observatoire national interministériel de la sécurité routière
- Sécurité routière — équipements obligatoires à moto
- ONISR, bilan définitif de l'accidentalité routière 2025, publié le 29 mai 2026
- Sécurité routière, communiqué et dossier de campagne « À moto, ne soyez pas victime de votre passion », 4 juin 2026
- Article L.211-1 du Code des assurances
À retenir
- En 2025, 691 usagers de deux-roues motorisés ont été tués en France — soit 29 de moins qu'en 2024 — tandis que la mortalité routière globale augmentait de +2,4 % (source : ONISR, bilan définitif 2025).
- Les deux-roues représentent moins de 2 % du trafic mais concentrent 21 % des décès et 31 % des blessés graves de la route.
- 72 % des motards tués sont des conducteurs expérimentés sur moto lourde, et 46 % des décès surviennent sans aucun tiers impliqué — la RC seule ne protège pas le motard dans ce cas.
- Le facteur vitesse est présent dans 54 % des accidents mortels responsables, et 41 % des décès surviennent en virage : les exclusions contractuelles méritent d'être vérifiées.
- La garantie du conducteur (protection du pilote) est la couverture clé pour s'indemniser soi-même en cas d'accident responsable ou de chute sans tiers.
Questions fréquentes
- Que dit la campagne nationale moto de la Sécurité routière lancée en juin 2026 ?
- Lancée le 4 juin 2026, la campagne « À moto, ne soyez pas victime de votre passion » s'appuie sur les données ONISR 2025 pour alerter sur la surexposition des motards : 2 morts par jour, 21 % des décès routiers pour moins de 2 % du trafic, et une majorité de victimes expérimentées lors de sorties de loisir.
- Combien de motards ont été tués en France en 2025 ?
- Selon le bilan définitif ONISR publié le 29 mai 2026, 691 usagers de deux-roues motorisés ont été tués en France en 2025, soit 29 de moins qu'en 2024.
- Pourquoi l'assurance au tiers ne suffit-elle pas pour un motard expérimenté ?
- La responsabilité civile (au tiers) couvre uniquement les dommages causés aux autres. Or, 46 % des accidents mortels à moto n'impliquent aucun tiers. Dans ce cas, seule la garantie du conducteur (protection du pilote) peut indemniser vos propres blessures.
- Les conducteurs expérimentés sont-ils moins exposés aux accidents mortels à moto ?
- Non : selon l'ONISR, 72 % des motards tués sont des conducteurs expérimentés, sur moto lourde, lors de trajets de loisir. L'expérience réduit certains risques mais n'élimine pas la surexposition structurelle des deux-roues.
- La vitesse est-elle vraiment le facteur principal des accidents mortels à moto ?
- Le facteur vitesse est présent dans 54 % des accidents mortels où le conducteur de moto lourde est présumé responsable, et 41 % des décès surviennent en virage, selon les données ONISR reprises dans le dossier de campagne de juin 2026.
- Qu'est-ce que la garantie du conducteur et pourquoi est-elle importante pour un motard ?
- La garantie du conducteur (ou protection du pilote) indemnise vos propres dommages corporels en cas d'accident, y compris quand vous êtes responsable ou seul en cause. Elle comble le vide laissé par la RC, qui ne couvre que les dommages causés aux tiers.
- Mon usage déclaré (trajet ou loisir) peut-il affecter ma couverture en cas d'accident le week-end ?
- Oui. Certains contrats distinguent les usages déclarés. Si votre contrat est calibré pour un usage domicile-travail et que vous partez en balade, vérifiez que votre déclaration d'usage est cohérente avec votre pratique réelle — c'est une condition de validité de votre couverture.
- L'équipement du motard est-il couvert en cas d'accident ?
- Pas automatiquement : la garantie équipement du pilote (casque, blouson, gants, bottes…) doit être explicitement souscrite. Elle intervient en cas d'accident dans les limites et conditions prévues au contrat.
